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18 septembre 2026 · 3 min de lecture

Réseaux sociaux interdits aux moins de 13 ans : ce que les marques devraient déjà anticiper

Selon L'Agefi, Ursula von der Leyen propose d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans dans l'Union européenne. Rien n'est adopté, mais toute marque qui s'adresse aux jeunes publics devrait déjà en tirer les conséquences.

L'Agefi rapporte que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans à l'échelle de l'Union. Il faut le prendre pour ce que c'est : une proposition politique, dont le contenu précis, le calendrier et la portée juridique restent à écrire.

Pour un annonceur, l'important n'est pas de deviner l'issue du débat, mais de constater la direction. La protection des mineurs en ligne se durcit dans l'Union, et la vérification d'âge devient un sujet central pour les plateformes. Les dispositifs marketing qui reposent sur l'accès direct à de très jeunes audiences sont, par construction, exposés.

Premier réflexe : savoir précisément à qui tu parles. Beaucoup d'entreprises décrivent leur cible comme les jeunes sans distinguer les moins de 13 ans, les adolescents et les jeunes adultes. Demande à ton agence de documenter la composition d'âge réelle des audiences achetées, plateforme par plateforme, et de préciser ce que valent ces déclarations d'âge.

Deuxième réflexe : distinguer la cible de l'acheteur. Dans beaucoup de secteurs — jeux, jouets, loisirs, alimentaire, éducation — l'enfant influence mais le parent décide et paie. Un dispositif construit sur la parole des parents, sur la prescription des enseignants ou des clubs, ou sur le point de vente, résiste mieux à un tour de vis réglementaire.

Troisième réflexe : réduire la dépendance à une plateforme unique. Si l'essentiel de ta visibilité tient à un seul réseau, une décision réglementaire ou un simple changement d'algorithme peut effacer ton audience du jour au lendemain. Répartir entre recherche, contenu sur ton propre site, emailing, presse spécialisée et terrain demande plus d'efforts, mais ne s'évapore pas.

Dans le pilotage de ton agence, ajoute une clause simple : la veille réglementaire et l'ajustement des dispositifs en cas d'évolution du cadre font partie de la prestation. Précise aussi qui décide d'arrêter une campagne si une plateforme modifie ses règles d'éligibilité pour les audiences jeunes, et sous quel délai cet arbitrage doit être rendu.

Attention enfin aux effets de bord sur la donnée. Les règles de protection des mineurs touchent le consentement, la conservation et le ciblage. Si tes formulaires collectent des âges ou des informations concernant des enfants, fais vérifier la conformité de la collecte avant de lancer quoi que ce soit : la CNIL publie des recommandations sur ces sujets.

En résumé, ne réécris pas ta stratégie sur la base d'une annonce, mais teste sa robustesse. Si une interdiction d'accès aux moins de 13 ans devenait effective, qu'est-ce qui tomberait dans ton plan de communication ? Si la réponse est beaucoup, tu tiens ta prochaine priorité, indépendamment du sort réservé à cette proposition.

Questions fréquentes

Cette interdiction est-elle déjà en vigueur ?

Non. Selon L'Agefi, il s'agit d'une proposition portée par la présidente de la Commission européenne. Aucune règle applicable n'en découle à ce stade, et son contenu comme son calendrier restent à préciser.

Faut-il arrêter la publicité sur les réseaux sociaux ?

Non, mais il faut vérifier la composition d'âge des audiences achetées, éviter de dépendre d'un seul réseau, et prévoir dans le contrat d'agence l'ajustement des dispositifs en cas d'évolution des règles.

Qu'est-ce que cela change pour les marques qui parlent aux enfants ?

Rien d'immédiat, mais un risque à anticiper : privilégier les dispositifs qui passent par les parents, les lieux de vente et tes canaux propres plutôt que par l'accès direct à de très jeunes comptes.

Sources

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